Aperçu
L’acteur Robert Shaw, le Quint des Dents de la mer, a vécu à Drimbawn jusqu’à sa mort en 1978 et avait fait aménager un parcours de golf de neuf trous dans la propriété. Ce qui attire aujourd’hui, c’est le jardin bien plus que cette parenthèse cinématographique : un tracé victorien restauré qui dévale la pente jusqu’au Lough Mask, et qui ne s’ouvre que sur rendez-vous. Ce dernier point compte. Il s’agit d’une maison privée bien vivante, non d’un site touristique : la visite passe donc d’abord par un coup de fil ou un e-mail, et l’on y gagne une promenade paisible, sans hâte, dans un lieu que l’on a pour ainsi dire à soi.
Le domaine change de visage au fil des pas : au jardin clos de style formel succèdent des pelouses, un jeune arboretum et un verger de variétés de pommes anciennes, puis un sous-bois tapissé de fougères, un jardin de tourbière et un recoin abrité planté d’espèces néo-zélandaises.
Histoire et demeure
Le pavillon a été édifié en 1855-1856 pour l’honorable Catherine Plunket, sous le nom de Lough Mask Cottage. Les plans sont attribués à l’architecte dublinois Patrick Byrne (1783-1864), surtout connu pour les églises catholiques qu’il a dessinées dans la capitale, et la demeure est implantée de manière à embrasser le lac et les montagnes au-delà. Il est bâti dans un grès rouge rubis caractéristique, avec des encadrements de calcaire, des chaînes d’angle affleurantes et un toit d’ardoise en croupe ; une extension est venue s’y greffer en 1911-1913. À l’intérieur, une grande partie du décor victorien subsiste : encadrements de portes en bois sculpté, fenêtres à guillotine à six carreaux par châssis, cheminées de marbre et plafonds aux moulures tirées au calibre.
Le jardin
Les abords d’origine ont été dessinés au milieu du XIXᵉ siècle par Ninian Niven, premier conservateur des Jardins botaniques de Dublin, pour l’évêque Plunkett. Après un long déclin, les propriétaires actuels ont entrepris une restauration complète en 2001, la paysagiste Daphne Shackleton pilotant le réaménagement. Le jardin clos en est la partie la plus aboutie, avec ses allées de gravier et ses plantations serrées de vivaces, de grimpantes et d’arbustes, ainsi qu’un potager en activité. Une terrasse de pierre et des haies palissées descendent en gradins vers le lac ; le verger abrite une collection de variétés de pommes anciennes ; et plus haut sur la pente, les plantations prennent un tour naturaliste, du sous-bois au jardin de tourbière, jusqu’à cet étonnant carré de « Jungle » néo-zélandaise.
Robert Shaw et l’embuscade
Drimbawn est passée entre les mains de plusieurs familles et a croisé la grande histoire. Son résident le plus célèbre fut l’acteur Robert Shaw (1927-1978), des Dents de la mer et de Bons Baisers de Russie, qui a vécu ici ses dernières années et s’était intégré à la vie locale ; une stèle commémorative érigée en 2008 sur la rive du Lough Mask rappelle ce lien avec Tourmakeady. Des décennies plus tôt, le domaine se trouvait aux abords de l’embuscade de Tourmakeady du 3 mai 1921, pendant la guerre d’indépendance, lorsque le portail de la propriété constituait une position stratégique pour l’IRA.
Préparer votre visite
Drimbawn étant toujours une résidence privée, chaque visite se prépare à l’avance. Le jardin est ouvert d’avril à septembre, strictement sur rendez-vous ; en dehors de rares journées portes ouvertes, il faut passer directement par le jardinier en chef. Si organiser vous-même votre visite ne vous convient pas, certains circuits guidés des jardins du Mayo (ceux de Travel Department, par exemple) incluent une matinée à Drimbawn avec une visite menée par le jardinier en chef.
- Contact : jardinier en chef Frank Steffens
- Téléphone : +353 87 775 0107 (l’adresse e-mail figure sur la page Drimbawn de la RHSI)
- Adresse : Drimbawn House, Tourmakeady, Co Mayo, F12 D252
- Entrée : gratuite pour les membres à jour de cotisation de la RHSI, sur présentation de la carte de membre. Les autres visiteurs sont invités à confirmer les tarifs éventuels au moment de la réservation.
- Stationnement : sur place, mais limité ; à confirmer au moment de la prise de rendez-vous.
Une réserve, en toute honnêteté : le terrain est en pente et les allées du sous-bois, irrégulières et laissées à l’état naturel, ne se prêtent pas aux fauteuils roulants. Signalez toute difficulté de mobilité lors de votre appel. De bonnes chaussures s’imposent dans tous les cas.
Aux alentours
Drimbawn se trouve juste à la sortie de Tourmakeady, dans la Gaeltacht (région où l’irlandais reste la langue d’usage) du sud du Mayo, à deux pas de l’église en ruine, de St Mary’s et du Tourmakeady College, où l’enseignement se fait en irlandais. La rive ouest du Lough Mask se prête à de belles routes tranquilles, loin des axes fréquentés, avec de la marche et de la pêche tout autour. Au moment de réserver, demandez au jardinier en chef quand les pommes doivent arriver à maturité : la fin du printemps offre la pleine floraison du jardin clos, mais l’automne et la récolte des pommes anciennes sont une bonne raison de venir plus tard dans la saison.