Aperçu
Impossible d’entrer dans Doonagore Castle, et le stationnement y est réellement dangereux : mieux vaut le savoir avant de s’y rendre. C’est une maison-tour ronde du XVIe siècle perchée sur une colline à environ un kilomètre au sud de Doolin, dans le comté de Clare, habitée comme résidence de vacances privée et fermée aux visiteurs. Ce qui vaut le détour, c’est la forme et le cadre : c’est l’une des trois seules maisons-tours cylindriques du Burren, avec Newtown Castle et Faunarooska, et elle est bâtie en grès local aux teintes chaudes, plutôt qu’en calcaire pâle comme presque toutes les autres tours de la région. C’est cette couleur qui lui donne ce rendu si particulier en photo face à l’Atlantique.
Les bateaux qui rentrent à Doolin Pier utilisent toujours la tour et le mât radio qui la jouxte comme amer de navigation. Le nom vient de l’irlandais Dún na Gabhair, que l’on traduit soit par « fort des collines arrondies », soit par « fort des chèvres ».
Histoire
Un fort circulaire occupait d’abord le sommet de la colline. Un château du XIVe siècle lui succéda, construit sur ce site antérieur par Tadhg MacTurlough MacCon O’Connor, puis la tour en grès actuelle fut érigée vers le milieu des années 1500. La pierre provenait de la carrière de Trá Leachain à Flaggy Beach, à quelques kilomètres au sud-ouest, ce qui explique ce grès au milieu d’un paysage calcaire.
La propriété changea de mains à travers toute l’ère Tudor. Sir Donald O’Brien détenait le château en 1570, Brian MacCahill O’Connor en 1582, avant que la Couronne ne le réattribue à Turlough O’Brien d’Ennistymon. La famille MacClancy, brehons (juges) héréditaires des O’Brien, en prit ensuite possession.
Septembre 1588 est la date la plus sombre du château. Un navire de l’Invincible Armada fit naufrage sur la côte de Doolin, et environ 170 survivants atteignirent le rivage. Boetius Clancy, alors High Sheriff du Clare, les fit tous capturer et pendre, soit dans l’enceinte du château, soit sur la colline encore connue sous le nom de Cnocán an Crochaire, la colline du Pendu.
Après la rébellion de 1641, le domaine passa à John Sarsfield dans le cadre du règlement cromwellien, puis à la famille Gore au XVIIIe siècle, avant de tomber en ruine. Dans les années 1970, l’architecte Percy Le Clerc mena une restauration minutieuse pour le compte de l’Irlando-Américain John C. Gorman, en s’appuyant sur des plans et des gravures historiques. La famille Gorman en est toujours propriétaire.
Voir le château
Le bâtiment est interdit d’accès, c’est donc une visite extérieure, et une visite courte. Depuis la route, on distingue le mâchicoulis (la trappe de jet) au-dessus de la porte et la façon dont le grès se détache sur les îles d’Aran et le Burren en arrière-plan. La lumière du petit matin ou de fin d’après-midi réchauffe la pierre ; un jour dégagé est idéal pour avoir les îles d’Aran dans le cadre. En venant tôt dans la journée, vous aurez généralement la vue pour vous tout seul.
Informations pratiques
Stationnement, et un vrai avertissement – Il n’y a pas de parking. Un petit espace pour une seule voiture se trouve en montée sur une route étroite avec un virage dangereux, et c’est un vrai risque : des voitures qui s’y arrêtent ont provoqué des quasi-accidents. L’option la plus sûre est de se garer à Doolin et de monter à pied, environ 20 minutes de montée. Ne franchissez pas le mur de la basse-cour et n’entrez pas dans le domaine.
Y aller – Depuis Dublin, comptez environ trois heures de route par la M6 jusqu’à Galway puis la N67 jusqu’à Doolin ; le château est à environ trois minutes en voiture de Fisher Street. En transports en commun, prenez un train jusqu’à Ennis puis un service Bus Éireann jusqu’à Doolin, et montez à pied depuis le village.
Accessibilité – La montée est raide et inégale, déconseillée aux fauteuils roulants et aux poussettes. Portez de bonnes chaussures.
À proximité – Doolin offre ses pubs, sa jetée et ses ferries ; revenez vers Fisher Street pour une session de musique et un repas, ou poursuivez vers les falaises de Moher. Associez le château à une promenade matinale le long de la côte de Doolin, quand la lumière est basse et la route tranquille.
