Brackfield Bawn fut édifié peu après 1611 : une enceinte carrée en pierre construite par Sir Edward Doddington pour la Skinners’ Company, l’une des compagnies de la Cité de Londres à qui l’on avait confié des terres dans le nouveau comté de Londonderry pour les coloniser et les défendre. Deux tours de flanquement ovoïdes occupent des angles opposés – le nord-ouest et le sud-est – où des meurtrières couvraient autrefois les murailles, et le long du côté sud, on distingue encore les cheminées de la maison qui s’étendait à l’intérieur, débordant au-delà de la maçonnerie. Le site se dresse sur un versant au-dessus de l’ancienne route est-ouest menant à Derry, près du village de Killaloo, à quelques pas de l’hôtel Brackfield House.
C’est une ruine modeste, pas un château : des murs plus ou moins effondrés, de la bruyère et des fougères entre les pierres. À elle seule, elle mérite un arrêt de dix minutes. Ce qui rend le détour intéressant, c’est le bois voisin.
Le bois et le sentier de poésie
À quelques minutes de marche vers l’est, Brackfield Wood est le bois du centenaire de la Première Guerre mondiale pour l’Irlande, géré par le Woodland Trust – l’un des quatre bois emblématiques plantés à travers le Royaume-Uni pour marquer le centenaire. La princesse Anne a planté le dernier des chênes ici en novembre 2018. Huit sculptures en pierre bordent le sentier, chacune gravée d’un vers du recueil By Brackfield Bawn du Dr Sam Burnside, avec des « oiseaux en vol » en métal et un petit amphithéâtre intégrés au milieu.
Le bois fait partie des Faughan Valley Woodlands, une succession dispersée de bois anciens et plus récents – Oaks, Red Brae, Killaloo, Burntollet – le long de la rivière, désignée site d’intérêt scientifique spécial. Environ un kilomètre de sentiers en pierre et en herbe les relie entre eux.
Un peu d’histoire
Le bawn est l’une des maisons fortes que les compagnies londoniennes érigèrent à travers leurs domaines d’Ulster après 1613, et aucune n’était tout à fait semblable aux autres. Thomas Raven dessina celle-ci pour l’enquête de Sir Thomas Phillips en 1622, si bien que l’on sait à peu près à quoi elle ressemblait à l’état neuf. Une fouille menée en 1983 a confirmé l’empreinte de la maison de 6 mètres le long du mur sud, mais n’a guère livré d’autre chose. Les anciens registres désignent aussi le site sous le nom de Crossalt. C’est un monument classé – LDY 023:014 – sous la garde de l’État.
Visiter
Il n’y a pas de parking au bawn lui-même, et il se trouve juste sur l’A6 (Glenshane Road), un tronçon de route rapide. Garez-vous plutôt à Oaks Wood ou à Red Brae, tous deux à quelques minutes de marche, et approchez à pied. Pas de toilettes sur place ; les plus proches se trouvent au Ness Country Park, à quelques minutes de route au nord le long de la vallée. Le terrain autour de la ruine est inégal, avec des fondations exposées sous les pieds : portez de bonnes chaussures, et quelques sections sont clôturées – restez sur les sentiers battus. L’entrée est gratuite et le site n’est pas gardé ; venez de jour.
Pour une journée plus complète, le sentier de la River Faughan se poursuit à travers la vallée pour la randonnée et la pêche, et le Ballygroll Prehistoric Landscape, à quelques minutes de route, rassemble un ensemble de monuments de l’âge de pierre antérieurs au bawn de plusieurs milliers d’années. Mais le bois du centenaire et les poèmes gravés sont la raison de venir – prévoyez une heure pour la ruine et le sentier ensemble.