Aperçu
Slieve Carr est le point le plus reculé d’Irlande continentale. C’est la raison de l’ascension, et c’en est aussi le piège : avec ses 721 m, la montagne n’est pas particulièrement haute, mais il faut marcher longtemps à travers une tourbière à découvert rien que pour atteindre son pied, et aucun balisage ne guide sur les hauteurs. La récompense est un sommet que presque personne ne foule, avec une proéminence de 646 m et une place dans les listes Arderin, Vandeleur-Lynam et Irish Highest Hundred.
La montagne se trouve dans le parc national de Wild Nephin, 15 000 hectares de tourbière de couverture et de montagne dans le nord-ouest du Mayo. Plusieurs petits lacs parsèment ses pentes orientales, drainant un paysage que le naturaliste Robert Lloyd Praeger qualifiait de « l’endroit le plus solitaire de ce pays ». C’était un compliment. Si vous cherchez une colline avec un café au pied et une file d’attente au cairn, ce n’est pas la bonne.
Histoire et mythologie
Au sommet se dresse un cairn funéraire connu sous le nom de Laghtdauhybaun (Leacht Dáithí Bháin, à peu près « le monument du blanc Dáithí »). La tradition l’associe à Dathí, roi du Connacht au Ve siècle et, selon les vieux récits, dernier grand roi païen d’Irlande. Qu’un roi repose ou non sous les pierres, le cairn, lui, est bien réel et marque le sommet.
Le nom irlandais Corrshliabh se lit généralement comme « montagne bien visible », bien que le registre toponymique de l’Ordnance Survey admette aussi « montagne pointue » ; vous verrez donc les deux. La carte du Mayo de William Bald, datée de 1830, enregistre le pic sous le nom de Curslieve, une orthographe de plus pour la même colline.
L’ancienne voie d’accès est le Bangor Trail, un itinéraire datant du XVIe siècle qui passe au plus près du pied de Slieve Carr. Ce n’est pas une promenade. Parcouru d’un bout à l’autre, il représente une journée de 12 heures sur un terrain humide, exposé et accidenté, ce qui en dit long sur le pays où se dresse la montagne.
Itinéraires vers le sommet
Il existe au moins quatre approches, une par point cardinal, et aucune n’est anodine. Le plateau supérieur n’est pas balisé : carte et boussole ne sont pas facultatives.
- L’approche par l’est part près de la rivière OwMore (réf. grille F97586 16634), à une barrière parfois verrouillée, puis grimpe sur un terrain découvert et remonte l’arête sud-est. Elle évite le pire de la tourbière.
- L’approche par l’ouest emprunte le Bangor Trail pour atteindre le pied de la montagne avant que l’ascension proprement dite ne commence.
- Les itinéraires directs à travers la tourbière depuis la route traversent de longues étendues de tourbière de couverture et exigent une solide maîtrise de la navigation. Ils sont réservés aux randonneurs de montagne expérimentés.
Quelle que soit la ligne choisie, considérez cette sortie comme une journée complète et engagée, et non comme une simple après-midi.
Que voir
- Le cairn sommital et les lacs. La marche traverse bruyères et landes jusqu’au cairn ; les petits lacs des pentes orientales offrent une halte naturelle, la montagne s’y reflétant par temps calme.
- La faune. Le parc abrite le Lagopède d’Écosse, le Courlis cendré, le Pipit farlouse et le Grand Corbeau, avec parfois une loutre le long des rivières et des Oies rieuses du Groenland qui hivernent sur la tourbière.
- L’observation des étoiles. Wild Nephin est un parc international de ciel étoilé de niveau Or (Gold Tier International Dark Sky Park), l’un des endroits les plus sombres d’Irlande. Par nuit claire, l’absence de pollution lumineuse est tout le spectacle.
Conseils saisonniers et météo
De la fin du printemps au début de l’automne, la lumière du jour est la plus longue et le terrain le plus ferme. En hiver, le sommet peut garder la neige et la tourbière devient traîtresse ; la plupart des randonneurs laissent la montagne tranquille. Le National Parks and Wildlife Service est sans détour sur le mauvais temps : n’y allez pas. Les tempêtes atlantiques arrivent vite, le réseau mobile est capricieux sur tout le massif, et un mauvais virage sur une tourbière sans repères sous un plafond nuageux bas est une affaire sérieuse. Emportez un téléphone chargé et, si possible, une balise de détresse personnelle.
Informations pratiques
| Élément | Détails |
|---|---|
| Entrée | Gratuite |
| Ville la plus proche | Ballycroy (≈12 km) |
| Route la plus proche | N59 (Newport–Achill) |
| Transports en commun | Un bus saisonnier circule en été entre Westport et Bangor ; vérifiez l’itinéraire et les horaires en vigueur avant de vous y fier. |
| Navigation | Le plateau sommital n’est pas balisé. Emportez la carte OSi Discovery 23, une boussole et, idéalement, un GPS. |
| Équipements | Aucun sur la montagne. Le Ballycroy Visitor Centre, au village, propose des cartes et le café Ginger & Wild, bien que ce dernier puisse fermer certains week-ends ; renseignez-vous à l’avance. |
| Urgences | Couverture mobile irrégulière. Composez le 999/112. |
Si vous ne faites qu’une seule chose ici, tenez-vous au cairn et mesurez la distance qui vous sépare de la route. Peu d’endroits en Irlande vous laissent ressentir une solitude aussi authentique ; celui-ci en fait partie. Prévoyez une longue journée, emportez plus d’eau que vous ne pensez en avoir besoin, et ne partez pas si la météo vous est défavorable.
À proximité : combinez Slieve Carr avec une randonnée plus douce dans le reste du parc national de Wild Nephin, ou poussez vers l’ouest en direction de Bangor Erris et de la péninsule de Mullet. Par temps clair, l’île d’Achill est visible depuis le sommet.
