Aperçu
Les colonnes ioniques du GPO portent encore les impacts de balles de la semaine de Pâques 1916, laissés là délibérément, et elles vous en disent long sur cet édifice. C’est ici que l’Insurrection de Pâques eut son quartier général et que Patrick Pearse lut la Proclamation de la République irlandaise depuis les marches – et le lieu reste un bureau de poste en activité à ce jour, avec le GPO Museum à l’étage, récompensé à plusieurs reprises. Si vous ne visitez qu’un musée d’histoire à Dublin, que ce soit celui-ci : il couvre l’Irlande moderne, de la révolution à l’accord du Vendredi saint, et il le fait dans l’édifice même où l’histoire a basculé.

La façade
Conçu par Francis Johnston et achevé en 1818, le GPO fut bâti pour projeter une confiance impériale sur O’Connell Street. La façade est de style néo-grec : un portique de six colonnes ioniques cannelées en pierre de Portland, posé sur le granit de Johnston. L’ensemble survécut à l’incendie de 1916 qui ravagea l’intérieur, et les colonnes portent encore les cicatrices.
Au-dessus de l’entrée, le fronton triangulaire accueille les figures allégoriques de John Smyth – Hibernia au centre, flanquée de Mercure pour la communication et de la Fidélité pour la loyauté. Les armoiries royales qui le surmontaient autrefois furent retirées après l’indépendance, ce qui explique pourquoi le fronton paraît aujourd’hui net et dépouillé.
L’Insurrection de 1916 et Cú Chulainn
Le lundi de Pâques, 24 avril 1916, une garnison de Volontaires irlandais et de membres de l’Armée citoyenne irlandaise occupa le GPO et le déclara quartier général de l’Insurrection. Depuis les marches, Pearse lut la Proclamation à la foule. S’ensuivit une semaine de combats urbains ; l’artillerie britannique ravagea l’intérieur et ne laissa debout que la pierre extérieure.
La reconstruction, supervisée par l’Office of Public Works, fut achevée en 1929, l’intérieur redessiné dans des lignes Art déco sobres. En 1935, le bronze de Cú Chulainn d’Oliver Sheppard fut placé dans le hall d’entrée – le guerrier d’Ulster mourant, choisi comme emblème des chefs tombés de l’Insurrection. Il reste le point de mire des cérémonies de dépôt de gerbes et un coin paisible dans un édifice très animé.
À l’intérieur du GPO Museum
L’exposition ouvrit en mars 2016 pour le centenaire de l’Insurrection, et elle se présente comme un parcours chronologique et multimédia plutôt que comme des rangées de vitrines. Elle commence en 1916, traverse la guerre d’indépendance et la guerre civile, puis se poursuit jusqu’au Conflit nord-irlandais et à l’accord du Vendredi saint de 1998.
De véritables artefacts ancrent le récit – lettres de prisonniers, uniformes, armes, un exemplaire préservé de la Proclamation – avec des écrans tactiles et des images d’archives pour compléter l’ensemble. L’audioguide gratuit, inclus dans le billet et disponible en plusieurs langues, apporte les commentaires d’historiens, de descendants et de personnalités politiques, et il enrichit réellement la visite. Comptez environ quatre-vingt-dix minutes.
Préparer votre visite
Le musée ouvre du lundi au samedi, de 10h à 17h, avec une dernière entrée à 16h ; il est fermé le dimanche, les jours fériés et la veille de Noël. L’entrée adulte est de 15 €, ce qui n’est pas donné pour la durée de la visite – la réservation en ligne fait économiser quelques euros, et les tarifs famille et réduits adoucissent la note pour les groupes. Les moins de cinq ans entrent gratuitement, tout comme les accompagnateurs de visiteurs en situation de handicap.
L’ensemble du centre est sans marches, avec un ascenseur desservant tous les niveaux. Une fois la visite terminée, le café de la cour intérieure, baigné de lumière, propose scones, soupes, salades, sandwichs et café, et il est ouvert au public sans billet de musée. Une chose à savoir : c’est un bureau de poste en activité avec des centaines d’employés, aussi le hall du rez-de-chaussée est-il vraiment animé, surtout aux alentours du déjeuner – cela fait partie du caractère des lieux, pas un défaut.
Le stationnement est le casse-tête habituel du centre de Dublin. L’option la plus pratique est le parking Arnotts, qui propose un tarif journalier de 10 € aux visiteurs du GPO Museum sur présentation de la confirmation de réservation au guichet. En transports en commun, c’est simple : la Luas Green Line jusqu’à l’arrêt O’Connell–GPO (direction Marlborough au sud), la Red Line jusqu’à Abbey Street, et une station Dublin Bikes se trouve sur Prince’s Street, à côté de l’édifice.
À proximité
Le GPO est un point de départ naturel pour les curiosités du nord de la ville. Marchez vers l’ouest pour la Spire et Henry Street, où l’GPO Arcade Art déco traverse l’arrière du complexe. Au nord se trouve Arbour Hill, avec son musée de 1916 et les tombes de plusieurs chefs exécutés. Au sud de la rivière, l’Abbey Theatre est la scène nationale d’Irlande, le Central Bank Visitor Centre se trouve juste au coin de la rue, et la Christ Church Cathedral est à dix minutes à pied à travers la partie la plus ancienne de la ville.
Une petite chose à faire avant de partir : les marches de l’entrée sont libres d’accès à toute heure, et c’est l’un des meilleurs endroits de la ville pour regarder O’Connell Street vivre.
