La pierre
La dalle de couverture de Kilfeaghan est un bloc de granit unique pesant environ 35 tonnes, en équilibre sur deux pierres-portes qui se sont en partie enfoncées dans le sol sous la charge. Elle mesure environ 2,5 mètres de long et à peu près 1,5 mètre d’épaisseur. Elle repose sur ce versant au-dessus de Carlingford Lough depuis environ 4 500 ans, ce qui la range parmi les œuvres des premiers agriculteurs d’Irlande.
Comment les bâtisseurs ont soulevé une telle masse de granit, voilà la question intéressante. La réponse la plus probable est qu’ils ne l’ont pas fait. Les archéologues pensent que la dalle de couverture pourrait être un bloc erratique glaciaire déjà présent sur place – un rocher déposé par le retrait des glaces – qui aurait ensuite été dégagé à la base et calé sur des montants plutôt que hissé en place. Cela expliquerait la masse considérable d’une pierre bien plus lourde que les dalles de couverture de la plupart des autres dolmens.
Le dolmen se trouve à l’extrémité nord d’un long cairn, aujourd’hui engazonné et fortement réduit. Le tertre s’étendait à l’origine vers le sud sur environ 25 mètres, si bien que ce que vous voyez aujourd’hui est le noyau subsistant d’un monument bien plus vaste. Une fouille menée au début du XXᵉ siècle a mis au jour des ossements et des fragments de poterie. La tombe est sous la garde de l’État, gérée par le Department for Communities, et la visite est gratuite.
S’y rendre
Kilfeaghan se trouve dans le townland du même nom, sur les pentes orientales de Knockshee, à environ 6 km à l’est de Rostrevor sur la route côtière A2 en direction de Kilkeel. Prenez Kilfeaghan Road et suivez-la vers l’intérieur des terres ; un petit parking près du sommet de la voie peut accueillir environ quatre voitures. De là, vous franchissez un portail vert, traversez une cour de ferme et un champ, et le dolmen se dresse à environ 150 mètres, entouré d’une clôture en fil de fer basse sous un grand chêne.
C’est une ferme en activité sur un terrain privé, alors comportez-vous en conséquence. Refermez les portails derrière vous, tenez-vous à l’écart du bétail et ne bloquez pas la voie – des gens y habitent. Le sol est boueux après la pluie, alors portez des bottes plutôt que des baskets. Il n’y a ni toilettes, ni café, ni panneau d’interprétation, et la signalisation, pour ce qu’elle est, a bien souffert au fil des ans. Le site est indiqué sur les cartes mais facile à dépasser.
Le cadre
La récompense de cette courte marche est le cadre. La tombe regarde vers le sud-ouest, en contrebas de Carlingford Lough, avec les Cooley Mountains du comté de Louth qui s’élèvent sur la rive opposée et les Mourne Mountains dans votre dos. Par temps clair, on comprend pourquoi les bâtisseurs ont choisi cette corniche : elle domine toute l’étendue du loch. Venez par une lumière d’hiver basse et la dalle de couverture projette une longue ombre sur le champ.
Un conseil avant de partir
Allez-y après une période sèche – le champ se transforme vite en boue, et il n’y a nulle part où gratter vos bottes. Combinez la visite avec un après-midi à Rostrevor et les promenades en forêt de Kilbroney Park, à dix minutes en redescendant la route côtière, qui dispose d’un parking, de toilettes et d’un café pour quand vous en aurez fini avec les champs.
