Le bâtiment
St Paul’s fut la première église de Patrick Byrne, et il lui offrit ce que le Dublin catholique n’avait que rarement osé placer sur une chapelle : une horloge publique à quatre cadrans. Dans les années 1830, une horloge était peu ou prou un attribut protestant, symbole de standing civique et de responsabilité publique. Byrne en installa une dans le clocher italianisant à trois étages, couronna la tour d’un dôme de cuivre achevé en 1843, et fit précéder l’ensemble d’un portique ionique tétrastyle à fronton, en granit, qui attire encore le regard depuis le quai. Trois statues couronnent le fronton : saint Paul au sommet, flanqué de saint Pierre et de saint Patrick, sculptées vers 1870 par Joseph Robinson Kirk.
L’église fut édifiée entre 1835 et 1844, dans les années qui suivirent l’Émancipation catholique, lorsque l’Église se mit à ériger pour la première fois depuis des générations des bâtiments visibles et prestigieux. Ce contexte est tout l’intérêt de l’édifice. C’est une chapelle paroissiale vêtue des habits d’un monument civique.
À l’intérieur, lors des rares occasions où l’on peut y entrer, la nef s’étend sous une voûte en berceau peu profonde, rythmée par cinq travées à caissons, au-dessus d’un sol en mosaïque, jusqu’à un autel de marbre. Derrière l’autel est accrochée la copie par F. S. Barff de la Conversion de saint Paul de Rubens, peinte vers 1863.
Les cloches, et deux mariages
En 1843, un carillon de huit cloches, fondues par James Sheridan à la Eagle Foundry, sur la toute proche Church Street, sonna pour la première fois. Elles furent montées pour le changement de sonnerie et converties en un carillon à une seule personne en 1950.
Deux des mariages célébrés ici méritent d’être connus. Le capitaine Charles Boycott, le régisseur foncier du Mayo dont le nom devint un verbe, épousa Annie Dunne à St Paul’s en 1852. Et en 1910, Éamon de Valera épousa Sinéad Flanagan, une décennie avant que l’un ou l’autre ne devienne un nom familier.
Peut-on vraiment entrer ?
Voici la part honnête : probablement pas, du moins pas sur un coup de tête. St Paul’s cessa d’être une église paroissiale en 1999. Elle abrite désormais le Dublin Diocesan Ministry and Mission Office et partage sa nef avec la St Gregorios Jacobite Syrian Christian Church, des ministères de la jeunesse catholique, ainsi que des rassemblements de messe en latin et de prière de Taizé. Il n’y a pas d’horaires d’ouverture publics fixes. Si vous souhaitez voir l’intérieur, planifiez votre visite lors d’un office ou d’un événement, ou organisez-la à l’avance avec le Mission Office. Une entrée latérale permet un accès sans marche ; les galeries supérieures, elles, ne sont pas accessibles.
Aussi, pour la plupart des passants, St Paul’s est une façade, et une façade assez belle pour mériter les deux minutes qu’il faut pour traverser la route et lever les yeux. Le portique est à son avantage par lumière rasante, lorsque le granit et le dôme de cuivre captent la lumière qui monte de l’eau.
À proximité
St Paul’s se dresse sur Arran Quay, face à la River Liffey, dans la partie la plus ancienne du nord de la ville. Cinq minutes à l’est le long des quais vous mènent aux Four Courts de Gandon et, un peu plus loin, à sa Custom House. Temple Bar, avec ses galeries et sa musique, est à quelques pas de l’autre côté de la rivière, tandis que Smithfield et ses marchés se trouvent à quelques minutes à l’ouest. Le stationnement dans la rue est limité sur les quais, et l’église est facilement accessible à pied depuis les gares de Connolly et de Tara Street ; venez donc à pied ou en train si vous le pouvez.
