Aperçu
Le Dublin Writers Museum a fermé en mars 2020 et n’a jamais rouvert. Un examen de Bord Fáilte mené en 2020 a jugé le musée obsolète, et en 2022, la fermeture a été rendue définitive. Sa collection a traversé la ville pour rejoindre le Museum of Literature Ireland (MoLI), sur St Stephen’s Green : si vous venez à Dublin pour Joyce et Beckett plutôt que pour le bâtiment, allez-y directement — les détails pratiques se trouvent en fin de page.
Ce qui reste au 18 Parnell Square, c’est la maison. Il s’agit en réalité de deux bâtiments du XVIIIᵉ siècle réunis, dont le plus imposant fut un temps la demeure de George Jameson, de la famille de whiskey, et dont les pièces sont encore encadrées de stucs du stuccateur dublinois Michael Stapleton. Un projet est aujourd’hui à l’étude pour en faire un musée dédié au maître verrier Harry Clarke, mais rien n’est encore confirmé.
Une maison de mots
L’idée a pris forme dans les années 1970, portée par le journaliste et écrivain Maurice Gorham, et le musée a ouvert ses portes le 18 novembre 1991. Pendant près de trente ans, il a fait traverser aux visiteurs la littérature irlandaise dans l’ordre chronologique, avec un audioguide personnel proposé en six langues. Le rez-de-chaussée et le premier étage abritaient des salles consacrées aux différentes périodes littéraires ; à l’étage se trouvait la Gorham Library. Une annexe accueillait un café, une librairie et une salle de conférences qui hébergeait des rencontres d’auteurs et des lectures, ce qui faisait de l’endroit un véritable lieu de vie littéraire plutôt qu’une archive figée.
La collection et son héritage
La force du musée résidait dans sa sélection soignée d’objets personnels et historiques. On y voyait des éditions anciennes des Voyages de Gulliver de Jonathan Swift et du Vicaire de Wakefield d’Oliver Goldsmith, des exemplaires en édition originale de Dracula de Bram Stoker, ainsi que des affiches de théâtre de l’époque d’Oscar Wilde. La salle moderniste attirait les foules : la machine à écrire de James Joyce, une édition originale signée d’Ulysse, le téléphone de Samuel Beckett. Les écrivains contemporains étaient également représentés, avec des œuvres et des souvenirs de Seamus Heaney, Roddy Doyle, Edna O’Brien et Colm Tóibín.
Plutôt que de disperser les archives, l’ensemble de la collection a été confié au Museum of Literature Ireland (MoLI), au 86 St Stephen’s Green, dans l’ancienne Newman House de l’UCD, où ont étudié Joyce, Maeve Binchy et Kate O’Brien. Là, les mêmes manuscrits et objets côtoient des installations numériques et des expositions interactives, et le musée tire son nom de Molly Bloom, l’héroïne d’Ulysse.
Autour de Parnell Square
Même avec le musée fermé, la place mérite le détour si vous êtes dans le nord du centre-ville. La Hugh Lane gallery est juste à côté et ouverte, le Garden of Remembrance occupe le centre de la place, et l’Abbey Theatre, la scène nationale irlandaise, se trouve à une dizaine de minutes à pied vers le sud, en direction de la rivière. Ne faites simplement pas un détour spécial en espérant entrer au numéro 18 : la porte reste close.
Voir la collection au MoLI
C’est là que les écrivains se trouvent désormais, et c’est de toute façon le meilleur des deux musées. Le MoLI est ouvert tous les jours, de 10h à 17h, avec une dernière entrée à 16h ; l’entrée générale est à 16,50 € et la visite guidée à 18 €. Si vous pouvez choisir votre moment, le premier vendredi de chaque mois offre une entrée gratuite lors d’une ouverture tardive, de 18h à 21h. Le musée se trouve à deux minutes à pied de l’arrêt de Luas St Stephen’s Green, desservi par de nombreuses lignes de bus, et deux stations DublinBikes sont situées de l’autre côté de la rue. Consultez le site web du MoLI avant de vous déplacer : le musée ferme le 17 mars, pendant les fêtes de Noël et le jour de l’An.
