Vue d’ensemble
Le nom ne ment pas : autour de Bilberry Lake, du côté de Castlebar, les voisins préparent encore tartes et confitures avec les myrtilles qui poussent sur les terrains bas au bord de l’eau. Le lac lui-même se trouve dans le village rural d’Islandeady, dans le County Mayo, juste à l’écart de la N5 entre Castlebar et Westport. Rien à voir avec un parc soigné : c’est une mosaïque vivante de pâturages, d’aulnes et de bouleaux, avec les collines qui montent vers Croagh Patrick au loin. Venez-y pour une promenade tranquille, un pique-nique ou un après-midi de pêche, pas pour les équipements : il n’y en a aucun.
Le décor donne le meilleur de lui-même en automne, quand les aulnes et les bouleaux de la rive virent à l’or et au roux.
Histoire et légende
Islandeady vient de l’irlandais Oileán Éadaígh, et deux récits en expliquent l’origine. Le premier veut que les premiers habitants aient vécu sur un petit îlot au milieu de l’eau, à l’emplacement de l’actuel vieux cimetière, et qu’ils y aient lavé leurs vêtements (éadaigh) dans les hauts-fonds. Le second, plus répandu, rattache le nom à saint Eiden, ou Aidan, un ermite du XIIIe siècle qui aurait vécu sur une péninsule du lac et fondé une église sur sa rive. Cette église subsiste sous la forme d’une ruine sans toit au bord de l’eau.
La tradition locale rapporte aussi que saint Patrick aurait prêché près d’un lac d’Islandeady en 440 apr. J.-C., alors qu’il se rendait à Croagh Patrick ; on ignore toutefois duquel des lacs de la paroisse il s’agissait. Le souvenir reste vivace : l’église St Patrick’s Church d’Islandeady s’est dotée en 2009 d’une extension baptisée St Aidan’s Room, en référence à la vieille ruine du lac.
À voir et à faire
- Les ruines de l’église de St Eiden – les murs de pierre se dressent sans toit, juste au bord de l’eau ; ils sont au plus photogénique quand la brume du matin se lève encore de la surface.
- L’ancien cimetière d’Islandeady – à quelques minutes de marche, sur une légère hauteur. C’est là qu’il faut monter : la vue sur Croagh Patrick et les townlands (subdivisions foncières traditionnelles) alentour y est la plus dégagée, et les pierres tombales les plus anciennes méritent qu’on s’y attarde.
- Le tour du lac – un sentier étroit et non revêtu longe une bonne partie de la rive à travers les arbres, assez large pour une poussette par temps sec.
- L’observation des oiseaux – les limicoles fouillent les bordures marécageuses, et canards et cygnes occupent l’eau libre. La lumière est la plus belle tôt le matin et en fin d’après-midi.
La pêche à Bilberry Lake
Ce fut longtemps une réserve à truites empoissonnée par le Bilberry Angling Club, qui organise toujours la McConville Cup annuelle. Les eaux sont désormais mixtes – brochet et perche aux côtés de la truite fario – et restent empoissonnées chaque année en truites de taille capturable, si bien que la pêche y est meilleure que la superficie ne le laisse penser. Un permis est obligatoire : réglez la question avant de lancer votre première ligne. Le B&B Windermere House, à environ un mile de là sur la N5, peut organiser à la fois la location d’un bateau pour la journée, permis compris, et une chambre pour la nuit.
Le brochet est la prise principale ; il se tient près des hauts-fonds bordés de roseaux et dans les petites anses. Les pêcheurs du coin privilégient quelques secteurs : Hayes’s Bay, les balises connues sous le nom de « Pins », la rive qui va du German Shore jusqu’au cimetière, et les abords de la station de pompage près de l’exutoire vers Lough Lannagh, qui se prête bien à la pêche à la traîne. Cuillers argentées et leurres souples présentés discrètement près des herbiers font l’affaire. La pêche avec remise à l’eau est encouragée.
Informations pratiques
L’accès est gratuit et rien ne le limite : le lac est en terrain ouvert, jour et nuit, toute l’année. Garez-vous dans la petite aire aménagée au bord du lac ou à l’entrée du vieux cimetière ; aucune des deux n’est surveillée et les places partent au premier arrivé.
Le seul vrai bémol, c’est le sentier. Non revêtu, il devient boueux ou glissant après la pluie, et peut se retrouver inondé ou rétréci lors d’une période humide : prévoyez de bonnes chaussures et ne comptez pas faire tout le tour avec une poussette par mauvais temps. Suivez la N5 en direction d’Islandeady, puis la petite route de campagne qui descend jusqu’au parking. Castlebar et Westport sont chacune à une dizaine de minutes, ce qui en fait une halte facile d’une demi-journée.
Venez à la fin du printemps ou au début de l’automne, quand les brochets sont les plus actifs et les arbres de la rive au sommet de leur beauté – et si ce sont les ruines qui vous attirent, c’est la première heure après le lever du soleil, une fois la brume dissipée sur l’eau, qu’il faut viser.