Aperçu
Belmore House est un pavillon de chasse georgien perché au-dessus de la rivière Nore, à moins de 3,2 km de Thomastown et de sa gare, auquel on accède par une majestueuse allée de tilleuls. Il fut construit vers 1790 pour le 1er comte de Belmore et dessiné par Sir Richard Morrison, l’un des architectes de maisons de campagne les plus prolifiques de son époque. La maison elle-même est une résidence privée et ne se visite pas à l’intérieur ; la raison de venir tient plutôt au terrain qu’elle jouxte : Newtown Jerpoint, une cité médiévale qui a presque entièrement disparu dans les champs.
La maison
Le pavillon de Morrison est une bâtisse isolée de deux étages et quatre travées, sous un toit d’ardoise en pente, avec des fenêtres à guillotine en bois et un porche aux détails classiques ; il conserve encore une grande partie de son tissu d’origine. Les terres étaient louées à la famille Hunt, dont l’intérêt ultérieur pour la cité enfouie a d’abord attiré l’attention sur l’ampleur de ce qui s’étendait au-delà du mur du jardin. On peut admirer l’extérieur et le parc, mais l’intérieur ne fait partie d’aucune visite.
Newtown Jerpoint et les ruines de l’église
C’est ici que le temps de visite se justifie. Newtown Jerpoint était une cité médiévale prospère qui s’était développée autour d’un pont sur la Nore, comptant environ 27 habitations, un tribunal, un moulin, une tannerie, une brasserie et l’église Saint-Nicolas. Lorsque la route fut déplacée et le pont à péage perdu, la ville se vida peu à peu, et aujourd’hui elle ne subsiste qu’à travers les contours estompés de parcelles de tenure, l’église et son cimetière.

Dans le cimetière se trouve la pièce maîtresse du site : une effigie en dalle du début du XIVe siècle représentant un ecclésiastique. La tradition locale affirme qu’elle marque le lieu de repos de saint Nicolas de Myre, l’évêque devenu le Père Noël, que des croisés de retour auraient ramené ici. Les historiens, plus sobres, y voient plutôt un prêtre local, mais la légende a valu à Newtown Jerpoint une petite notoriété qui perdure. Le lierre a été retiré de l’église et sa structure stabilisée en 2012-2013, avec le soutien du Heritage Council of Ireland ; les ruines que l’on traverse ont donc été délibérément maintenues en place plutôt que laissées à l’abandon.
Visiter Jerpoint Park
La cité est accessible par Jerpoint Park, l’exploitation familiale des O’Connell, ouverte grosso modo d’avril à octobre. Des visites guidées du patrimoine font revivre le plan de la cité disparue, et l’on trouve aussi des démonstrations de chiens de berger et un salon de thé servant des scones. Des promenades nature serpentent parmi les vieux chênes, châtaigniers, tilleuls et hêtres du domaine. Les horaires d’ouverture varient au fil de la saison ; il est donc prudent de se renseigner avant de s’y rendre, surtout en début et fin de saison.
Pour aller plus loin
La visite se marie bien avec les grands sites médiévaux des environs. Jerpoint Abbey possède le plus beau travail de pierre cistercien du comté et un cloître sculpté de figures ; c’est l’étape suivante toute indiquée. Pour un déjeuner au bord de l’eau, Inistioge se trouve à quelques minutes de route, sur son pont en arche. Kells Priory et la tour ronde d’Aghaviller complètent une journée consacrée aux ruines, et le Mount Juliet Estate est tout proche si l’on souhaite jouer au golf ou faire de plus longues marches.
Si vous le pouvez, réservez une visite guidée du patrimoine plutôt que d’errer seul entre les parcelles : les ondulations de l’herbe ne signifient pas grand-chose sans quelqu’un pour les lire, et l’effigie de saint Nicolas est facile à manquer autrement.