Vue d’ensemble
Si la rue principale de Killough file tout droit vers la mer, c’est qu’un propriétaire terrien en a décidé ainsi. En 1740, Michael Ward de Castle Ward fit percer une route de 13 km entre son domaine et la côte, puis entreprit d’aménager un port à son extrémité, rebaptisant brièvement les lieux Port St Anne – un nom qui n’a jamais pris. Le village né autour des quais donne sur la mer d’Irlande, à cinq miles au sud-est de Downpatrick, et il a gardé la forme qu’on lui a donnée : une zone de conservation aux devantures géorgiennes, sous une allée de sycomores.
En irlandais, Cill Locha, « l’église du loch ». Killough ne réclame pas grand-chose de votre attention – mais accordez-lui un après-midi et vous y gagnerez le port, le phare et une route côtière où vous ne croiserez presque personne.
Si vous ne faites qu’une chose ici, poussez les quelques miles qui mènent à St John’s Point.
Un port en activité
Le townland – la plus petite division territoriale traditionnelle d’Irlande – apparaît dans le Down Survey des années 1650 sous le nom de Kiltaghlins, alors détenu par Thomas Cromwell, vicomte Lecale : un descendant du ministre d’Henri VIII qui portait le même nom, et non l’homme lui-même.
Au début des années 1800, Killough exportait déjà du grain et du charbon, et 22 yoles locales y débarquaient du poisson blanc. Quand le trafic dépassa les capacités des premiers quais, le premier Lord Bangor fit appel à l’ingénieur Alexander Nimmo pour les reconstruire, entre 1821 et 1824. Ce chantier de 17 000 £ a donné la longue jetée de Killough et celle, plus courte, de Coney Island, qui dessinent encore aujourd’hui la courbe du port. Les négociants en grains élevèrent de hautes maisons géorgiennes le long de Castle Street, et l’allée de sycomores qui ombrage la rue fut plantée en 1850.
Le lieu porte aussi une mémoire plus douloureuse. En septembre 1981, un policier hors service, Sandy Stewart, a été abattu par l’IRA à l’Ann Boal Inn ; une plaque discrète marque l’endroit.
Le phare de St John’s Point

Sur le promontoire au sud-est du village se dresse le plus haut phare terrestre d’Irlande : 40 mètres. George Halpin Senior en a signé les plans et il a été allumé pour la première fois en 1844. Il était blanc à l’origine ; les larges rayures noires et jaunes qui le rendent aujourd’hui reconnaissable entre tous, destinées à le signaler de jour, datent des années 1950.
La tour est automatisée et ne se visite pas, en règle générale – mais les anciennes maisons des gardiens ont été transformées en gîtes, seule façon de séjourner vraiment sur la pointe. Dans un cas comme dans l’autre, c’est le trajet jusqu’au promontoire, à pied ou en voiture, qui vaut le détour : la tour, les rochers et le large.
À quelques pas du phare, vous trouverez les ruines d’une église des Xe ou XIe siècles, avec une fontaine à dévotion et une pierre à bullaun – une pierre creusée en forme de vasque – près de l’entrée. Un endroit paisible et patiné par les éléments, plus ancien que tout ce qui l’entoure sur cette portion de la côte de Lecale.
Autour du village
Le port se laisse découvrir en flânant. Les quais de Nimmo et les vieux ponts de pierre forment une courbe abritée où mouillent toujours bateaux de pêche et embarcations de plaisance, et il arrive que des Phoques gris se reposent près de l’extrémité des jetées, par temps calme. Castle Street, sous ses sycomores de 1850, est le cœur du village : façades géorgiennes, un café ou deux, et un charme maximal en automne, quand la voûte des arbres se colore.
Repérez les almshouses de Rossglass Road, dessinées par Charles Lanyon – l’architecte à qui l’on doit une bonne part du Belfast victorien – et fondées grâce au philanthrope Charles Sheils.
Killough se trouve sur la Mourne Coastal route, très plate et facile, qui file vers le nord en direction d’Ardglass et vers le sud vers Dundrum Bay. Les petites routes tranquilles se prêtent bien au vélo, avec très peu de circulation.
Cinéma et culture
Les rues préservées ont attiré les cinéastes. Killough a servi de décor principal à The Shore, le court métrage de Terry George sur un homme qui revient en Irlande du Nord, oscarisé dans la catégorie du meilleur court métrage de fiction. Des scènes de Whole Lotta Sole, du même Terry George, et de Fifty Dead Men Walking de Kari Skogland y ont également été tournées, et le village est apparu plus récemment dans Pixie.
Il a inspiré un vers à Van Morrison dans Coney Island, ainsi que les mémoires de l’homme politique Maurice Hayes, Sweet Killough, Let Go Your Anchor. Parmi les enfants du pays figurent l’explorateur Henry Russell, le prêtre et érudit Charles William Russell, l’artiste Jim Manley et le footballeur Paul George.
Informations pratiques
- Comment s’y rendre : Killough se trouve sur l’A25, à cinq miles au sud-est de Downpatrick. C’est vraiment un endroit où l’on vient en voiture – la ligne de chemin de fer secondaire qui traversait le village a fermé en 1950 – et Downpatrick est la ville la plus proche pour les correspondances en bus.
- Stationnement : parking gratuit dans la rue, le long de Castle Street et près du port. Il se remplit les week-ends d’été : visez une arrivée avant midi.
- Hébergement : les maisons des gardiens du phare se louent en gîte ; des B&B et des maisons d’hôtes sont disséminés dans Killough et à Ardglass, tout près.
- Accessibilité : les quais du port et la rue principale sont pavés et de plain-pied. La tour du phare ne se visite pas, mais les sentiers du promontoire sont plats et faciles.
- À proximité : Tyrella Beach, à quatre miles au sud, est une plage de sable Pavillon bleu sur Dundrum Bay. Downpatrick, à cinq miles au nord, abrite le St Patrick Centre, le Down County Museum et le Downpatrick & County Down Railway.
Pour en saisir le meilleur, choisissez une soirée sans vent et roulez jusqu’à St John’s Point à l’heure où la lumière décline : la tour rayée et l’eau feront le reste.